« L’évaluation des étudiants dans une logique de compétences : enjeux et démarches » par Xavier Roegiers

Dans le cadre des Rendez-vous de l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPÉ), une délégation de responsables pédagogiques de l’INSPÉ de Lorraine a échangé avec le Professeur Xavier Roegiers le 18 septembre 2020 sur sa conception de l’approche par compétences.

À la fois ingénieur polytechnicien, instituteur et docteur en Sciences de l’éducation, Xavier Roegiers est professeur émérite à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve et spécialiste de l’approche par l’intégration des acquis.

Lors de cette rencontre, il a tenu une conférence sur le thème de « L’évaluation des étudiants dans une logique de compétences : enjeux et démarches ». En collaboration avec l’INSPE, le SU2IP propose, ci-dessous, des extraits vidéos de cette conférence sur les aspects susceptibles d’enrichir les pratiques pédagogiques des enseignants du supérieur qui souhaitent développer l’approche par compétences.

Vidéo 1 – « Former aujourd’hui dans l’Enseignement supérieur » : éléments de contexte

Selon Xavier Roegiers : « L’enseignement supérieur a pour mission de préparer les jeunes et les adultes à faire face aux exigences du métier, mais aussi à penser, anticiper et réguler les évolutions sociétales ».

Dans chaque formation de l’enseignement supérieur, quelles facettes doivent être articulées pour anticiper et réguler les évolutions sociétales ? Cette première vidéo propose de répondre à cette question en l’articulant avec les différentes missions de l’enseignement supérieur aujourd’hui.

Transcription de la vidéo (format pdf)

Vidéo 2 – L(es) approche(s) par compétences

Selon Xavier Roegiers : « On trouve, dans l’enseignement supérieur, deux conceptions distinctes – mais complémentaires – de la compétence. Ces deux conceptions déterminent d’emblée deux types d’approches curriculaires (…) choisir une approche curriculaire, c’est choisir une manière de concevoir le profil de sortie des étudiants, c’est choisir des modalités pédagogiques et didactiques, c’est choisir des modalités d’évaluation des acquis, et rechercher une cohérence [d’ensemble]. »

La deuxième vidéo présente deux approches par compétences : l’approche par compétence « transversale » (ou 1ère génération) et l’approche « par intégration des acquis » (ou 2ème génération). Qu’est-ce qui caractérise et distingue ces deux approches ? En quoi sont-elles basées sur des définitions différentes de la compétence ?

Transcription de la vidéo (format pdf)

Vidéo 3 – Les situations d’intégration des acquis

Selon Xavier Roegiers « ce qui fait surtout la spécificité de l’approche par l’intégration des acquis est le fait que chaque compétence est liée à un ensemble de situations contextualisées que l’étudiant devra pouvoir traiter de façon autonome au terme de la formation. (…) Les situations d’intégration constituent le point d’aboutissement de la formation et sont associées au profil de sortie. Les compétences dont on parle sont des compétences situationnelles : on est à tout moment dans un binôme compétences-situations. »

Qu’est-ce qu’une famille de situations d’intégration des acquis et comment la concevoir ? Cette troisième vidéo propose une méthodologie pour construire une famille de situations d’intégration permettant de développer et d’évaluer les compétences.

Transcription de la vidéo (format pdf)

Concevoir une situation intégratrice

Fiche conseil : concevoir une situation intégratrice

Une situation intégratrice constitue un défi proposé aux étudiants à partir d’une situation complexe, dont la durée peut s’étendre de quelques semaines à un semestre ou une année. L’envergure de l’activité dépend souvent de l’avancée des étudiants dans leur cursus (souvent plus complexe et longue en dernière année). 

Les stages, le projet tuteuré proposé en licence professionnelle, le projet de fin d’études en écoles d’ingénieurs, une étude de cas, une mise en situation ou encore une simulation sont des exemples possibles de situations intégratrices.

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L’Écho Pédagogique #9 dédié aux enjeux et dispositifs induits par les réformes

Contrat Pédagogique pour la Réussite Étudiante (CPRE), Contrôle Continu Intégral (CCI), Blocs de Compétences (BC), nouveaux leviers de transformation pédagogique ?

Le contexte national français de la formation évolue et tous les piliers du système – dispositifs, acteurs, financements – sont impactés par cette refonte globale. Plusieurs lois et décrets ont récemment appuyé cette transformation :
• La loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (2018) dite loi ORE
• L’arrêté relatif au diplôme national de Licence (30 juillet 2018)
• La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (5 septembre 2018)

L’intégralité du système de formation, dont l’enseignement supérieur, a pour finalité de garantir une meilleure orientation des lycéens et étudiants, par le biais d’un accompagnement personnalisé en vue d’une optimisation de l’insertion professionnelle. Ainsi, les collaborations se renforcent avec l’enseignement secondaire, de nouvelles pratiques pédagogiques et d’accompagnement se développent.

Par ailleurs, les certifications répondent à des exigences accrues de qualité, tant au niveau de leur lisibilité que du lien nécessaire avec les attentes socio-économiques, l’évolution des métiers et plus largement les besoins en compétences de la société.

Ces réformes s’accompagnent d’opportunités pour améliorer la lisibilité des formations universitaires : l’identification de blocs de compétences certifiants, ainsi qu’une modularisation intégrant de nouvelles modalités d’accès liées à la Formation Tout au Long de la Vie (FTLV).

Outre la lisibilité des formations, un accompagnement plus souple, renforcé et modulable des publics est fortement préconisé par le biais du Contrat Pédagogique pour la Réussite Etudiante (CPRE) et du Contrôle Continu Intégral (CCI) inscrits dans l’arrêté Licence.

Ce 9ème numéro vous propose des ressources et contributions afin d’appréhender les enjeux et dispositifs induits par ces réformes.

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Vademecum de l’APC à l’UL

L’Approche Par Compétences (APC) est une des principales évolutions attendues dans l’élaboration de la nouvelle offre de formation de l’université de Lorraine, pour la contractualisation 2018-2022.  Cette démarche offre un cadre pour concevoir ou pour repenser des programmes en partant des compétences attendues en fin de formation.

Le vadémécum de l’APC à l’UL, présenté lors du séminaire de lancement de l’accréditation le 4 mars 2016, vise à aider les équipes pédagogiques dans l’élaboration des programmes de formation et des maquettes. Organisé sous forme de fiches, il présente chaque étape de la conception d’un programme axé sur le développement des compétences : définition du référentiel de compétences, architecture de la formation, choix des activités pédagogiques et d’évaluation adaptées.

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5 questions à Jacques Tardif sur l’approche par compétences

Dans le cadre de la Conférence « Les compétences, un moyen de repenser les apprentissages ? », Jacques TARDIF s’est prêté au jeu de l’interview.

Les 5 questions posées :

  • En quoi consiste l’approche par compétences, et qu’est-ce qui la différencie des méthodes habituelles d’élaboration de programmes ?
  • Quelles seraient les 3 ou 4 raisons majeures pour lesquelles s’engager dans la conception de programmes axés sur le développement des compétences ?
  • Comment s’organise dans le temps la conception ou la révision d’un programme selon une approche par compétences ? Quelles sont les étapes de la démarche ?
  • Faut-il associer les entreprises au processus ? Quand et comment le faire ?
  • Comment adapter cette démarche pour des formations déjà en place ?

Jacques Tardif, psychologue de l’éducation, est professeur émérite de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada), Faculté d’éducation. Il a accompagné de nombreuses universités, à l’international et en France, dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de programmes axés sur le développement de compétences.

Il a été sollicité par l’université de Lorraine pour apporter son expertise dans le cadre des travaux engagés par l’UL sur l’approche par compétences. Il est ainsi intervenu le 17-11 auprès de quatre équipes pédagogiques de licence qui travaillent à la redéfinition de leur programme selon l’APC ; il a rencontré le 18-11 le groupe de travail APC de l’UL, et a donné le 19-11 une conférence « Les compétences, un moyen de repenser les apprentissages ? ».

 

Conférence de Jacques Tardif : les compétences, un moyen de repenser les apprentissages ?

Cette conférence de Jacques Tardif s’inscrit dans la préparation à l’accréditation de la prochaine offre de formation de l’UL, en cohérence avec le cadre national des formations qui fait de l’approche par compétences un des axes clé de la conception et de la mise en œuvre des diplômes à l’université.

La conférence examine des raisons pour lesquelles développer des programmes axés sur le développement des compétences, en mettant l’accent sur l’une d’entre elles, essentielle et peu évoquée : celle de favoriser les apprentissages les plus significatifs possibles pour les étudiants.

Elle s’attache surtout à expliciter les principes et grandes étapes du processus de conception d’une formation selon une approche par compétences ; elle souligne les points de vigilance à avoir dans l’élaboration des référentiels de compétence, et présente la nature des évolutions à introduire progressivement par les équipes dans les situations d’apprentissage (l’enseignement) et dans les modalités d’évaluation pour s’orienter vers des programmes favorisant le développement des compétences visées.
Un nombre croissant de lieux de formation ayant adopté ces programmes, la conférence décrit des dérives régulièrement notées dans la mise en œuvre de ces formations, ainsi que des pratiques innovantes.

La démarche compétences repose sur le travail collectif des membres d’une équipe pédagogique autour d’une vision d’ensemble de la formation, construite sur le profil attendu du futur diplômé. La conférence s’adresse donc à la fois aux responsables de diplômes en charge de la conception des maquettes, et aux enseignants-chercheurs concernés par la mise en œuvre dans leurs enseignements.

Jacques Tardif, psychologue de l’éducation, est professeur émérite de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada), Faculté d’éducation. Il a accompagné de nombreuses universités, à l’international et en France, dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de programmes axés sur le développement de compétences.