Conférence interactive « Design d’une séance ludopédagogique : approches et évaluations

Cette conférence interactive, animée par Julian Alvarez, était découpée en deux ateliers.  Lors du premier, les participants ont été invités à “Vivre/Expérimenter” une séance ludopédagogique, qui a été suivie d’un débriefing pour en comprendre la conception.
Le second atelier a traité des questions d’évaluations : sur la séquence ludopédagogique elle même et sur les performances attendues des étudiants.  Enfin, cette conférence interactive s’est conclue par des échanges autour de la pertinence d’une démarche ludopédagogique.

Julian Alvarez est professeur-chercheur associé au laboratoire DeVISU (Université Polytechnique Hauts-de-France) et à CRIStAL – équipe NOCE (Université de Lille). En parallèle, il est enseignant au sein de l’INSPE LNF et responsable R&D en gamification et en ludopédagogie au sein de la société Immersive Factory. Julian Alvarez conduit ses travaux de recherche en Sciences de l’Information et de la Communication. Il est spécialisé dans le Serious Game et la Gamification dédiée à l’éducation, la santé et la communication.

Gamification et jeux sérieux

Vidéo conférence "Gamification et jeux sérieux" par Stépahne Goria - Université de Lorraine

Même si l’on peut faire remonter la conception de jeux destinés à la formation au XVIIIe siècle, cette possibilité a pris du temps pour se développer, puis sortir des cadres de l’enseignement militaire et de la petite enfance. Formulés en tant que tels en 1970, les jeux sérieux (serious games) ne se sont imposés comme une opportunité acceptable qu’au début des années 2000. Depuis, ce mouvement a pris de l’ampleur entrainant dans son sillage d’autres formes, plus ou moins proches, relevant de pratiques détournées (serious play / serious gaming), de projets de conception (learning by game-design), d’incitation par emprunts structurels ou d’univers (gamification/ludification).
Face à cet éventail de possibilités, cette présentation souhaite clarifier quelques différences parmi ces nouveaux usages, mais surtout donner, sur la base de quelques exemples, des informations et des moyens aux enseignants du supérieur pour choisir la forme inspirée du jeu correspondant à leurs besoins.

Stéphane Goria est maître de conférences à l’Université de Lorraine depuis 2007 et emploie diverses formes issues du Jeu dans certains de ses cours. Parmi ses spécialités de recherche, il s’intéresse à la conception des formes sérieuses du jeu ainsi qu’au potentiel informationnel utilitaire des structures ludiques. Sur ces aspects, il est l’auteur de nombreuses publications. Il est aussi membre de l’Expressive Game Lab et de l’association Serious Games Network – France

Les cultures traditionnelles et l’histoire au service des mondes ludiques : l’exemple des mythes nordiques

Vidéo - Conférence "Les cultures traditionnelles et l'histoire au service des mondes ludiques : l'exemple des mtyhes nordiques

Les dieux tels que Thor, Loki ou Odin, les géants du givre, les trolls, ou les barbares nordiques, sont autant de références aux peuples médiévaux scandinaves et à leurs récits mythologiques que l’on peut retrouver aujourd’hui dans différents types de jeux, tels que des jeux vidéo, des jeux de rôle, ou des jeux de société. Ces références anciennes, transmises à travers les siècles, contribuent à la construction de mondes ludiques contemporains.
Partant de ces exemples, cette communication visera à mettre en lumière, d’un côté, les processus de transmission et de transformation des ressources culturelles entre le Moyen Âge et nos jours et, de l’autre, les usages multiples de ces ressources. Elle ouvrira plus largement aux questions que posent les rapports entre jeu et histoire.

Laurent Di Filippo est Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication et également docteur en études scandinaves. Il est membre du Centre de recherche sur les médiations (CREM – EA 3476). Ses recherches portent sur la réutilisation des mythes nordiques dans les médias contemporains, principalement les jeux mais également les séries télévisées, les films, comics, mangas. Il s’intéresse également aux questions relatives à la transmédialité et à la réflexivité en sciences et à l’interdisciplinarité.

Évaluation des Enseignements par les Étudiants : quels effets sur les pratiques pédagogiques à l’université ?

Les politiques de l’enseignement supérieur tendent de plus en plus à mettre en avant l’évaluation des enseignements par les étudiants (EEE) comme un levier pour améliorer l’enseignement supérieur et la qualité pédagogique.

Ce mercredi 11 avril 2018 à la Faculté des Sciences et Technologies de Vandœuvre, les quatre conférenciers ont analysé, à partir des données de leurs recherches et de propos de terrain, les incidences de l’évaluation des enseignements par les étudiants sur le développement professionnel des enseignants :

  • Quelle est la portée formative réelle de l’EEE sur l’évolution des pratiques pédagogiques ?
  • Comment et à quelles conditions le feed-back des étudiants peut-il nourrir une posture réflexive des enseignants sur leurs enseignements et déclencher une dynamique de développement professionnel ?
  • Pascal Detroz, Université de Liège – Pr., Chargé de cours à l’Institut de Formation et de Recherche en Enseignement supérieur (IFRES) – Responsable académique du Système Méthodologique d’Aide à la Réalisation de tests (SMART) – Vice-Président de l’unité de recherche DIDACTIFEN
  • Nathalie Younès, Université Clermont-Auvergne – Maitre de conférences en sciences de l’éducation – Laboratoire ACTé, – Présidente ADMEE-Europe
  • Saeed Paivandi, Université de Lorraine – Professeur – Département de Sciences de l’éducation, Sociologie de l’enseignement supérieur – LISEC- Lorraine, Laboratoire des sciences de l’éducation et de la communication, EA 231
  • Cédric Sanlis, Université de Lorraine – Chargé d’Etudes Qualité-Formation, Responsable du pôle Management de la qualité, – Délégation à l’Aide au Pilotage et à la Qualité (DAPEQ), Université de Lorraine

Introduction

de quoi parle t-on ?

Quelle mise en œuvre de l’EEE ?

Quels effets sur les pratiques pédagogiques à l’université ?

CONCLUSION

Supports de présentation

Publications

Dans la revue Education et Formation, e-307, numéro spécial « Pédagogie universitaire et Évaluation de l’enseignement par les étudiants », coordonné par Younès, Paivandi et Detroz, http://revueeducationformation.be/index.php?revue=26&page=3 :

  • Paivandi, S. & Younès, N. (2017). L’EEE et la régulation des pratiques pédagogiques à l’université en France. Education & Formation, n°e-307-01, 107-121.
  • Younès, N. & Paivandi, S. (2017). Expérimentation d’un dispositif coopératif d’EEE entre enseignants et chercheur-médiateur dans le cadre d’un master de formation d’enseignants. Education & Formation, n°e-307-01, 167-182.
  • Detroz, P & Verpoorten, D (2017). De l’évaluation des enseignements à la régulation des pratiques des enseignants : quelles possibilités et quelles conditions ? Education & Formation, n°e-307-01, 124- 143

Conférence de Jacques Tardif : les compétences, un moyen de repenser les apprentissages ?

Cette conférence de Jacques Tardif s’inscrit dans la préparation à l’accréditation de la prochaine offre de formation de l’UL, en cohérence avec le cadre national des formations qui fait de l’approche par compétences un des axes clé de la conception et de la mise en œuvre des diplômes à l’université.

La conférence examine des raisons pour lesquelles développer des programmes axés sur le développement des compétences, en mettant l’accent sur l’une d’entre elles, essentielle et peu évoquée : celle de favoriser les apprentissages les plus significatifs possibles pour les étudiants.

Elle s’attache surtout à expliciter les principes et grandes étapes du processus de conception d’une formation selon une approche par compétences ; elle souligne les points de vigilance à avoir dans l’élaboration des référentiels de compétence, et présente la nature des évolutions à introduire progressivement par les équipes dans les situations d’apprentissage (l’enseignement) et dans les modalités d’évaluation pour s’orienter vers des programmes favorisant le développement des compétences visées.
Un nombre croissant de lieux de formation ayant adopté ces programmes, la conférence décrit des dérives régulièrement notées dans la mise en œuvre de ces formations, ainsi que des pratiques innovantes.

La démarche compétences repose sur le travail collectif des membres d’une équipe pédagogique autour d’une vision d’ensemble de la formation, construite sur le profil attendu du futur diplômé. La conférence s’adresse donc à la fois aux responsables de diplômes en charge de la conception des maquettes, et aux enseignants-chercheurs concernés par la mise en œuvre dans leurs enseignements.

Jacques Tardif, psychologue de l’éducation, est professeur émérite de l’Université de Sherbrooke (Québec, Canada), Faculté d’éducation. Il a accompagné de nombreuses universités, à l’international et en France, dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de programmes axés sur le développement de compétences.

Les classes inversées : enseigner à l’envers, apprendre à l’endroit ou l’inverse ?

Marcel Lebrun – Professeur en technologies de l’éducation et Conseiller Pédagogique à l’Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias (IPM) de l’UCL (Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, Belgique)

Auteur de nombreux ouvrages dont : Lebrun, M. (2005). Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre : Quelle place pour les TIC dans l’éducation ? 2ème édition revue. De Boeck (Bruxelles), 206 pages.

Les caractéristiques d’un enseignement efficace – Conférence de Markus Brauer

Markus Brauer
Professeur au CNRS en Psychologie Sociale et cognitive
Clermont université
Auteur de l’ouvrage « Enseigner à l’université »

La conférence vise à transmettre des connaissances et des outils permettant aux membres de l’audience d’améliorer la qualité de leur enseignement. Comment faire pour maximiser l’apprentissage et la compréhension chez les étudiants ?

En faisant référence aux recherches empiriques en pédagogie et sciences de l’éducation, j’aborderai quatre grands objectifs :

  • (1) Créer un bon rapport entre enseignant et étudiants,
  • (2) Etablir un contrat entre l’enseignant et les étudiants,
  • (3) Favoriser l’apprentissage actif,
  • (4) Changer les activités pour maintenir l’attention.

Pour chacun des objectifs, je montrerai son impact sur la qualité de l’enseignement et je donnerai des conseils concrets sur la manière de l’atteindre. Je ne présenterai que des méthodes pédagogiques dont l’efficacité a été prouvée scientifiquement, dans la plupart des cas par des expériences avec attribution aléatoire des groupes de TD ou des sections de CM aux conditions expérimentales.

Pourquoi et comment rendre un amphi interactif ? Conférence de Denis Berthiaume

L’interactivité en enseignement est de plus en plus d’actualité. La recherche en psychologie de l’apprentissage tend à démontrer qu’une participation active des étudiants, sous la forme de question ou encore de résolution de problèmes en direct, permet un approfondissement de la matière apprise. Mais comment faire dans un amphi de 300, 500 ou 800 étudiants ?

Diverses techniques sont répertoriées dans la littérature en pédagogie universitaire.
Lors de cet atelier, nous explorerons le pourquoi et le comment de l’interaction avec les étudiants dans les grands groupes.
A la fin de l’atelier, les participants auront une meilleure idée de scénarios à mettre en œuvre dans le cadre de leurs enseignements pour obtenir des preuves d’apprentissage, de la part des étudiants, tout au long des enseignements, et ce même dans les grands groupes.

Soutenir l’innovation pédagogique pour améliorer l’apprentissage des étudiants

Pendant longtemps, on a crû que l’apprentissage était le résultat automatique d’une situation où un enseignant-chercheur exposait des faits aux étudiants dans le cadre d’un exposé oral.
La recherche en psychologie de l’apprentissage des dernières 30 années nous apprend que cette croyance n’est absolument pas fondée.
Au contraire, le simple fait d’écouter un enseignant-chercheur lors d’un exposé oral ne mènerait, chez une majorité d’étudiants de 1ère année de licence, qu’à des apprentissages de surface.
Ce type d’apprentissage ne permet généralement pas aux étudiants d’opérer des transferts de connaissance vers d’autres cours ou encore vers une activité professionnelle suivant les études universitaires.

Comment alors améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants, de façon à ce que ceux-ci développent des compétences intellectuelles de haut niveau (par ex. analyse, synthèse, esprit critique, résolution de problèmes) ?
L’innovation pédagogique, c’est-à-dire la remise en question de certains présupposés à l’égard de l’enseignement et de l’apprentissage, permet de mettre en place des situations d’enseignement et d’apprentissage qui favorisent l’acquisition de compétences intellectuelles de haut niveau.
Mais de quel type d’innovation parlons-nous ? Et comment soutenir les efforts des enseignants-chercheurs dans ce domaine ?

Dans le cadre de cette communication, nous présenterons une typologie de l’innovation pédagogique à l’université et expliquerons comment les divers types d’innovation peuvent être soutenus.
Nous expliquerons aussi comment l’expérience d’apprentissage des étudiants est ensuite affectée par ces innovations.