Écho Pédagogique #1 – Pédagogies actives

Né des besoins exprimés par les équipes pédagogiques de l’Université de Lorraine, L’Écho Pédagogique est le rendez-vous trimestriel de la DACIP.
L’Écho Pédagogique ne se veut pas exhaustif mais vise à donner quelques pistes à celles et ceux qui se posent des questions en matière de pédagogie à l’université.

Des dossiers thématiques composés d’articles, de guides, de témoignages ainsi qu’un agenda des colloques et des formations à venir vous seront proposés.

Bonne lecture !

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La classe inversée, une pratique en développement à l’Université de Lorraine

L’université de Lorraine n’est pas en reste sur cette pratique. En effet, de nombreux enseignants de différentes disciplines l’expérimentent et quelques-uns ont accepté de nous livrer leurs témoignages à travers des interviews-vidéos.
Ils sont issus de différents domaines : langue, biologie, mécanique, mathématiques, et enseignent dans différentes composantes.

Nous les avons interrogés sur ce qui les a conduits à introduire cette pratique dans leurs enseignements ; Comment la mettent-ils en œuvre concrètement ? Quels sont les changements produits pour l’enseignant, pour l’étudiant et dans la relation pédagogique ? Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Les enseignants interviewés sont dans un questionnement réflexif. Ils s’interrogent sur leurs pratiques pédagogiques dites « transmissives » et constatent une certaine passivité chez les étudiants dans les cours en amphithéâtre comme en témoigne Thierry Nowak, enseignant à l’ENIM,  « le temps ils sont là [en présence], ils ne sont pas vraiment là, avec l’enseignant qui s’est déplacé lui aussi ». Ce constat est un facteur motivationnel pour expérimenter d’autres pratiques pédagogiques mais pas le seul. La classe inversée permet également, pour certains, de s’adapter à l’hétérogénéité du niveau des étudiants et pour d’autres, de faire face à la réduction du nombre d’heures en présentiel.

Dans tous les cas, ils sont unanimes sur leur souhait de faire du temps présentiel un moment de rencontre plus intense favorisant les échanges et permettant aux étudiants de bénéficier d’un soutien plus individualisé.

Pour Sébastien Allain, par exemple, enseignant à l’École des Mines de Nancy, cette pratique lui offre la possibilité de « mieux repérer les lacunes en temps réel ».

Marie Christine Trouy, enseignante à l’ENSTIB à Epinal, souligne que la classe inversée est une occasion donnée aux étudiants de mémoriser à leur propre rythme. Cette idée est reprise par Achille Authier, étudiant, qui confirme que l’accès aux ressources en amont permet à chaque élève de passer plus ou moins de temps sur les concepts présentés en fonction de son niveau de compréhension.

Sébastien Allain, quant à lui, met l’accent sur le fait que la classe inversée facilite un apprentissage « en profondeur et qui reste gravé ». Ce point est également évoqué par Achille Authier, étudiant, qui l’exprime en ces termes « les connaissances sont ancrées plus profondément, l’apprentissage n’est plus seulement centré sur la préparation de l’examen ». Alexi Perrino, son collègue, nous parle également de « la régularité dans le travail avec une planification précise des activités ».

Un des bénéfices mis au profit de la classe inversée, souligné par Aurélie Pirat, enseignante d’Espagnol à l’IUT de Metz, est celui de l’implication plus grande des étudiants dans l’apprentissage. Marc Deneire et Corinne Landure, tous deux enseignants en Anglais, évoquent la dimension socioconstructiviste [1] vers laquelle tend la classe inversée. Elle est illustrée par Alexi Perrino qui présente la stratégie développée par les étudiants pour regarder et discuter ensemble des vidéos mises en ligne par l’enseignant. Tous s’accordent sur la plus grande interactivité permise par la mise en place de la classe inversée et la relation enseignant/étudiant plus proche. Plus accessible, l’enseignant incite les étudiants à participer activement et à poser des questions. (Aurelie Pirat et Alexis Perrino).

Comme vous l’aurez compris, la classe inversée induit pour l’enseignant, un changement de posture. L’enseignant devient « un guide, un accompagnateur » (Corine Landure). Ne pouvant pas anticiper les questions et réactions des étudiants, il prend plus de risques, il est plus dans l’improvisation, mais en contrepartie lenseignement est plus « vivant » (Corinne Landure, Marie-Christine Trouy). Cette pratique replace la relation humaine au cœur du métier et le plaisir d’enseigner est renforcé (Marie-Christine Trouy, Thierry Nowak)

Lors de ces interviews, les enseignants nous ont également fait part de leurs questionnements (comment inciter les étudiants à réaliser davantage les activités proposées en amont), de leur investissement (l’aspect chronophage, en particulier, le temps important nécessaire à l’élaboration pédagogique en amont), de leur volonté (par cette pratique, « d’encourager et de contraindre à travailler » -Thierry Nowak) et de leur constat (d’un changement culturel nécessaire pour rendre les étudiants plus actifs – Marc Deneire).

[1] en référence aux travaux de Lev Vigotsky

Sébastien Allain – Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Nancy

Thierry Verdel – Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Nancy

Alexi Perrino – Etudiant à l’ENIM (Ecole Nationale d’Ingénieurs de Metz)

Achille Authier – Etudiant à l’ENIM (Ecole Nationale d’Ingénieurs de Metz)

Thierry Nowak – Enseignant à l’ENIM (Ecole Nationale d’Ingénieurs de Metz)

Corinne Landure – Enseignante à l’IUT Epinal – Hubert Curien

Marie-Christine Trouy – Maître de Conférences à l’ENSTIB (Ecole Nationale Supérieure des Technologies et Industries du Bois)

Marc Deneire – Maître de Conférences à ERUDI (Etudes et Ressources Universitaires à Distance)

Les classes inversées : enseigner à l’envers, apprendre à l’endroit ou l’inverse ?

Marcel Lebrun – Professeur en technologies de l’éducation et Conseiller Pédagogique à l’Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias (IPM) de l’UCL (Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, Belgique)

Auteur de nombreux ouvrages dont : Lebrun, M. (2005). Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre : Quelle place pour les TIC dans l’éducation ? 2ème édition revue. De Boeck (Bruxelles), 206 pages.

Classe inversée

la classe inversée

La classe inversée (ou pédagogie inversée) est une méthode, un concept et voire même pour certains une philosophie qui a pour but de renverser les modèles traditionnels d’apprentissage.

Le principe en est simple : les temps présentiels, basés sur une pédagogie dite traditionnelle et transmissive du type « cours magistral », sont repensés et mis à distance pour un apprentissage en autonomie.
L’étudiant s’approprie le contenu à distance car l’apport de connaissances est réalisé hors de la classe. Le temps en présentiel peut ainsi être optimisé pour des activités interactives et d’approfondissement (travaux en groupe, exercices, débats, discussions, résolution de problèmes, etc).

Ces activités visent à approfondir les notions vues en amont, à responsabiliser et impliquer les étudiants, et à favoriser les échanges. L’enseignant peut également vérifier la compréhension des étudiants grâce à un suivi plus individualisé.

Ce principe permet une centration non plus sur l’enseignement mais sur l’étudiant pour favoriser son apprentissage. Si le principe de la classe inversée est simple, toutefois elle questionne. Elle questionne dans sa mise en œuvre, dans ses principes et dans son appropriation par l’enseignant qui voit son rôle quelque peu modifié.
En effet, en mettant l’étudiant au cœur du processus d’apprentissage, l’enseignant devient un guide, un accompagnateur.

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Les caractéristiques d’un enseignement efficace – Conférence de Markus Brauer

Markus Brauer
Professeur au CNRS en Psychologie Sociale et cognitive
Clermont université
Auteur de l’ouvrage « Enseigner à l’université »

La conférence vise à transmettre des connaissances et des outils permettant aux membres de l’audience d’améliorer la qualité de leur enseignement. Comment faire pour maximiser l’apprentissage et la compréhension chez les étudiants ?

En faisant référence aux recherches empiriques en pédagogie et sciences de l’éducation, j’aborderai quatre grands objectifs :

  • (1) Créer un bon rapport entre enseignant et étudiants,
  • (2) Etablir un contrat entre l’enseignant et les étudiants,
  • (3) Favoriser l’apprentissage actif,
  • (4) Changer les activités pour maintenir l’attention.

Pour chacun des objectifs, je montrerai son impact sur la qualité de l’enseignement et je donnerai des conseils concrets sur la manière de l’atteindre. Je ne présenterai que des méthodes pédagogiques dont l’efficacité a été prouvée scientifiquement, dans la plupart des cas par des expériences avec attribution aléatoire des groupes de TD ou des sections de CM aux conditions expérimentales.

Pourquoi et comment rendre un amphi interactif ? Conférence de Denis Berthiaume

L’interactivité en enseignement est de plus en plus d’actualité. La recherche en psychologie de l’apprentissage tend à démontrer qu’une participation active des étudiants, sous la forme de question ou encore de résolution de problèmes en direct, permet un approfondissement de la matière apprise. Mais comment faire dans un amphi de 300, 500 ou 800 étudiants ?

Diverses techniques sont répertoriées dans la littérature en pédagogie universitaire.
Lors de cet atelier, nous explorerons le pourquoi et le comment de l’interaction avec les étudiants dans les grands groupes.
A la fin de l’atelier, les participants auront une meilleure idée de scénarios à mettre en œuvre dans le cadre de leurs enseignements pour obtenir des preuves d’apprentissage, de la part des étudiants, tout au long des enseignements, et ce même dans les grands groupes.

Soutenir l’innovation pédagogique pour améliorer l’apprentissage des étudiants

Pendant longtemps, on a crû que l’apprentissage était le résultat automatique d’une situation où un enseignant-chercheur exposait des faits aux étudiants dans le cadre d’un exposé oral.
La recherche en psychologie de l’apprentissage des dernières 30 années nous apprend que cette croyance n’est absolument pas fondée.
Au contraire, le simple fait d’écouter un enseignant-chercheur lors d’un exposé oral ne mènerait, chez une majorité d’étudiants de 1ère année de licence, qu’à des apprentissages de surface.
Ce type d’apprentissage ne permet généralement pas aux étudiants d’opérer des transferts de connaissance vers d’autres cours ou encore vers une activité professionnelle suivant les études universitaires.

Comment alors améliorer l’expérience d’apprentissage des étudiants, de façon à ce que ceux-ci développent des compétences intellectuelles de haut niveau (par ex. analyse, synthèse, esprit critique, résolution de problèmes) ?
L’innovation pédagogique, c’est-à-dire la remise en question de certains présupposés à l’égard de l’enseignement et de l’apprentissage, permet de mettre en place des situations d’enseignement et d’apprentissage qui favorisent l’acquisition de compétences intellectuelles de haut niveau.
Mais de quel type d’innovation parlons-nous ? Et comment soutenir les efforts des enseignants-chercheurs dans ce domaine ?

Dans le cadre de cette communication, nous présenterons une typologie de l’innovation pédagogique à l’université et expliquerons comment les divers types d’innovation peuvent être soutenus.
Nous expliquerons aussi comment l’expérience d’apprentissage des étudiants est ensuite affectée par ces innovations.

Legosophie : petite philosophie du Lego

Legosophie

Le Lego est l’un des jouets les plus célèbres au monde, mais peut-il être un support de pensée ? Mieux encore, peut-on s’inspirer de son fonctionnement pour construire un système philosophique ?

C’est le point de départ de la stimulante réflexion de Tommaso W. Bertolotti. Les philosophes et les constructeurs de Lego se nourrissent à la fois de liberté et de méthode. Liberté de mélanger les modèles, de tester une méthode issue d’un autre domaine, de reproduire une virtuosité constructive dans un registre différent ou encore de varier l’échelle de la construction.

Modulaires par définition, le Lego et la philosophie proposent des modèles qui autorisent, voire encouragent à s’en détacher, afin de laisser libre cours à une réflexion créatrice. Les films d’aventure LEGO en témoignent clairement. Naviguant de la philosophie ancienne aux sciences cognitives, l’auteur éclaire d’un regard malicieux et ludique l’art de philosopher et la passion des Lego.

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Le cerveau et les apprentissages

Le cerveau et les apprentissages

Ce livre s’intéresse aux interactions entre le cerveau et les apprentissages dans un contexte où l’intérêt pour les neurosciences a connu un essor important notamment avec le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer.

Il vise donc, à la lumière de ces apports, à présenter des méthodes facilitatrices d’apprentissage. 

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(Se) motiver à apprendre

Se motiver à apprendre

Il s’agit d’un nouveau volume pouvant être vu comme un prolongement du livre « Apprendre et faire apprendre » publié dans la même collection sous la direction d’Etienne BOURGEOIS et Gaëtane CHAPELLE approfondissant la question de la motivation qui était approchée en troisième partie de ce dernier livre, en en faisant le coeur de cet ouvrage et l’abordant sous l’angle de l’apprendre.

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La pédagogie de l’enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques.Tome 1, Enseigner au supérieur

La pédagogie de l'enseignement supérieur : repères théoriques et applications pratiques

Dirigé par Denis Berthiaume & Nicole Rege Colet, et comportant douze contributeurs, l’ouvrage vise à répondre à la grande question de « Comment enseigner de manière à soutenir la motivation et les apprentissages des étudiants? ».

Dès l’introduction Denis Berthiaume & Nicole Rege Colet soulignent « qu’enseigner est une activité professionnelle particulière par le fait que les professionnels de l’enseignement ne sont pas formés à l’enseignement mais à l’expertise de leur discipline.

Faire croire à tort que parce que quelqu’un a longtemps été étudiants, il saura enseigner sans peine est évidemment inexacte : soutenir les apprentissages, savoir répondre aux questions, développer des examens qui évaluent bien les apprentissages, effectuer des corrections de façon valide et fiable est beaucoup plus complexe que l’on ne l’imagine. »

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